La Charpente et la Menuiserie sont indissociables du métier du bois, qui, tout au long de son histoire leur a apporté l’héritage du savoir-faire d’hommes qui ont marqué de leur empreinte des ouvrages qui ont traversé les siècles.

Ce savoir-faire est le résultat de l’union harmonieuse de la main et de l’esprit.

 
CHARPENTIERS OU MENUISIERS ?

Les noms de nos métiers eux-mêmes, se confondent avec son histoire.Ainsi, les Ebénistes tirent leur nom du bois d’ébène qui emplissait avec d’autres essences exotiques les nombreux ateliers qui s’étalaient à Paris, depuis le XVème siècle, entre la Bastille et la barrière de Vincennes.

Le "Faubourg" garde encore le souvenir de cette foule d’ouvriers et d’artistes, venus de leur province d’origine, pour apprendre les tours de main et les secrets des grands maîtres ébénistes.Les Charpentiers et les Menuisiers remontent, selon la légende à la construction du Temple de Salomon.

A l’origine, il est probable qu’ils étaient réunis sous la même terminologie de "charpentiers" ce n’est que vers le XIV° siècle qu’un arrêt rendu le 4 septembre 1382, augmentant le statut des "Huchiers", ordonna qu’on distinguerait à l’avenir ces artisans en les qualifiant de " menuisiers " du mot minutarus qui signifie : ouvrier travaillant à de menus ouvrages.

Jusque là, ils étaient confondus sous le terme général de Charpentiers avec le qualificatif de "Charpentier à la petite cognée ". Le perfectionnement des outils des " Charpentiers à la petite cognée " provoque à cette époque une nette distinction entre les deux métiers.

L’évolution qui se trouve à l’origine de cette évolution du métier est à rechercher dans l’apparition de l’art ogival. Aux maçonneries compactes et pesantes, l’art ogival substitua des piliers espacés , reliés entre eux par des arcs en tiers point qui formaient une ossature extrêmement solide, dont on garnit après coups les interstices avec de légers murs de remplissage.Les " charpentiers de petite cognée " s’inspirèrent de cet art ogival dès que leurs outils se furent perfectionnés et qu’ils purent apprêter correctement leurs bois.

Les " huchiers ", les " escriniers " ou les " fustiers " cessèrent de fabriquer les parois de leurs coffres avec des planches simplement équarries, taillées d’une seule pièce et consolidées par des armatures métalliques. S’inspirant des architectes des cathédrales, ils construisirent des cadres constitués de pièces de bois plus fines, bien calibrées et solidement assemblées par tenon et mortaise. Dans la succession de cadres qui composaient cette membrure, ils embrevaient des panneaux plus minces qui jouaient le rôle des murs de remplissage.

Cette révolution dans l’art de l’assemblage explique l’apparition des Menuisiers qui avaient su donner aux " menus ouvrages " leurs lettres de noblesse. Cette transformation apporta aux meubles une nouvelle statique en leur assurant solidité et conservation, car le bois a d’autant moins tendance à jouer et à se fendre, qu’il est employé en masses plus réduites.

Elle lui permit aussi de s’affranchir des armatures métalliques extérieures qui jusque là, servaient à consolider l’ouvrage. L’utilisation de menus bois en lieu et place de grandes planches épaisses et lourdes, avait donné naissance à la menuiserie.

Les Charpentiers quant à eux ont réussi à transmettre leur savoir-faire tout au long des siècles grâce à la science du trait.Le trait est la géométrie graphique du Compagnonnage. Il permet de décrire sur un seul plan, à l’aide de lignes et de courbes, sans utiliser aucun chiffre, nombre ou équation, les volumes et leur interpénétration dans l’espace. Cette géométrie d’un genre particulier, puise ses sources dans la géométrie d’Euclide. Le trait fut perfectionné au XII° siècle par les moines de l’abbaye de Citeaux.

Sous l’influence de Saint Bernard, ils tirèrent de l’observation de la nature et de l’espace, les lois des volumes en pénétration, qui constituent la " science du trait ".Il a permis des réalisations époustouflantes par leur audace et leur légèreté. Le trait a été un outil de communication qui a permis de transmettre, au-delà des barrières de la langue et des générations, la vision des bâtisseurs de cathédrales et les savoir-faire pour réaliser les ouvrages que nous admirons encore de nos jours.


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… ET DES TECHNIQUES

Il ne faut pas considérer les ruptures technologiques comme des régressions du métier, mais simplement comme des évolutions qui permettront d’autres audaces, d’autres développements, avec le bois, mais aussi avec d’autres matériaux. Ainsi aux USA, l’industrie de la construction estime que 60% des produits qui seront utilisés d’ici cinq à six ans n’existent pas encore !

Au cours des deux dernières décennies, l’introduction de l’informatique a révolutionné les méthodes de conception et de fabrication dans les métiers de la construction bois.

Dans la Menuiserie d’abord, avec la généralisation des machines à positionnement numérique, puis à commande numérique pour réaliser des opérations d’usinage de plus en plus complexes, avec des changements automatiques d’outils et des interfaces de plus intelligentes qui permettent de commander la machine sur un mode conversationnel, sans être obligé d’utiliser un langage de programmation. L’introduction des données de programmation se fait aujourd’hui, soit en introduisant directement sur la machine, les côtes d’usinage à réaliser ; soit par une interface, permettant de rentrer des données directement à partir du logiciel de dessin qui a permis de faire la conception, d’un ouvrage, avec toutes les informations nécessaires à sa fabrication : sections des pièces, côtes d’usinage, choix des outils, etc…

Pour chaque type de produit, les fabricants de machines proposent aujourd’hui des gammes de machine qui ne sont plus réservées à l’industrie et qui deviennent accessibles à l’entreprise artisanale qui veut continuer à fabriquer des produits de façon compétitive.

La fabrication des produits standardisés les plus courants est faite par des entreprises industrielles qui disposent de moyens de production très performants leur permettant de produire en grande quantité à des prix très compétitifs.

Dans le secteur de la Charpente, l’évolution est plus récente, mais l’apparition des logiciels de calcul et de conception graphique, couplés avec l’apparition de machines à tailler la charpente, remet en cause le savoir-faire immense que nous avaient légué les compagnons charpentiers avec la science du Trait. C’est une véritable " révolution culturelle " que vont devoir faire les charpentiers pour intégrer ces nouvelles techniques dans leurs métiers. On peut penser que les activités de fabrication, comme dans la menuiserie se concentreront dans des unités performantes utilisant ces nouvelles méthodes de production.

Mais l’entreprise artisanale devra malgré tout, pour conserver sa place, assimiler ces nouvelles méthodes de conception et de calcul.


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LE BOIS, MATERIAU D’AVENIR

Le bois n’est plus le seul matériau dont disposent les menuisiers aujourd’hui. Pourtant, c’est assurément un des plus vieux et des plus répandu sur la terre.

Les premiers arbres sont apparus il y a plusieurs millions d’années, après l’apparition des premières masses de terres émergées. Sans l’intervention humaine, les forêts couvriraient tous les sols suffisamment humides.

Il existe dans le monde environ 20 000 espèces ligneuses susceptibles de fournir du bois utilisable pour un emploi industriel ou artisanal. Seules 120 espèces environ sont utilisées régulièrement pour un usage commercial. Elles présentent des caractéristiques extrêmement variées :

• Par leur provenance des cinq parties du monde, sous les latitudes et les climats les plus variés : des forêts équatoriales qui fournissent des arbres atteignant 50 mètres de hauteur, aux forêts nordiques de l’Europe et de l’Amérique du Nord, qui fournissent des conifères sempervirents, c’est à dire " toujours verts ", parce qu’ils gardent leur feuillage toute l’année.

• Par leur aspect : grain, teinte, veinage, plus ou moins prononcés ;

• Par leurs caractéristiques : résistance mécanique, élasticité, masse volumique et propriétés physico-chimiques.

Certains bois sont très durs, comme l’Azobé d’Afrique, qui résiste aux insectes et à toutes les agressions extérieures. Sa masse volumique comprise entre 0,95 à 1,10 en fait un bois extrêmement dur et résistant qui ne flotte pas dans l’eau ( tous les bois ayant une masse voisine ou supérieure à 1 ne flottent pas car ils sont plus lourds que l’eau). D’autres, comme le Fromager, un autre bois exotique tropical poussant en Afrique, sont utilisés pour le déroulage , c’est à dire pour la fabrication de placages ou pour l’emballage ou encore pour ses inflorescences cotonneuses qui donnent le Kapok, une sorte de bourre légère et imperméable qui est utilisée pour faire des garnissages de gilets de sauvetage et de vêtements tropicaux ou polaires

Les utilisations du bois dépassent largement le domaine de la construction. En France, on désigne l’ensemble du secteur économique regroupant toutes les activités liées au bois sous le nom de " Filière bois ". On désigne par là, l’ensemble des activités et industries qui vivent de la récolte ou de la transformation du bois. On distingue :

1. Les activités de première transformation du bois : qui comprennent le débardage, le sciage, le séchage du bois avec une première valorisation des produits dans les industries du panneau et de la pâte à papier essentiellement.

2. Les activités de seconde transformation, qui comprennent l’ensemble des produits fabriqués à partir du bois: meubles, jouets, produits manufacturés pour le bâtiment, qui à eux seuls, absorbent environ 60 % de la production de la forêt française.


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LES HOMMES
Les Menuisiers, compte tenu de la diversité des ouvrages et des matériaux , ne peuvent plus se contenter des seules connaissances concernant les propriétés du bois et des techniques permettant son usinage et sa mise en œuvre. Les formations évoluent d’ailleurs dans ce sens et la connaissance des matériaux dérivés du bois et des matériaux associés (aluminium, verre, métal, PVC) prennent une place grandissante dans tous les programmes de formation.

Néanmoins, tous ceux qui choisissent les métiers du bois sont unanimes : ce n’est pas le hasard qui les a poussé vers ce secteur, mais l’amour pour cette matière noble et vivante qu’est le bois